’asexualité
L’asexualité est un concept dont on parle de plus en plus ces dernières années mais à quoi correspond-t-il vraiment ? Si l’on s’en tient
stricto sensu à l’étymologie du terme, on pourrait avancer que l’asexualité se dit « de toute chose ou personne privée de sexe », la reproduction asexuée ne permettant pas le brassage des gènes (ici, le terme d’« asexuée » était employé au XIXème siècle essentiellement par les botanistes). Or, cette seule définition ne saurait rendre compte de manière satisfaisante de la réalité de l’asexualité et serait même très restrictive. Ainsi une autre acception plus large tend à la définir comme
« le fait de ne pas considérer le sexe comme important et de pouvoir s’en passer sans jamais en ressentir le besoin ». L’asexualité étant définie par rapport au désir, elle est différente de la chasteté et du célibat, qui sont définis à partir de comportements, ainsi que de l’impuissance ou de la frigidité, qui sont liés à une incapacité biologique. Ici, nous sommes plus dans le domaine du psychologique que du physiologique (en admettant toutefois selon certains chercheurs l’influence de facteurs hormonaux).
Les asexuels expliquent que leur asexualité est apparue dès l’adolescence ou plutôt qu’ils n’ont pas spécialement ressenti de désir et de tourments à cette période. Alors que leurs petits camarades voyaient leurs hormones les travailler sérieusement, voire les rendre carrément obsédés par le sexe, ces ados atypiques sont restés quant à eux indifférents à ces préoccupations. De là à se poser de sérieuses questions sur leur normalité physique et mentale, ce qui les amènent fréquemment à consulter. En général, un bilan médical et un suivi psychologique ne démontrent aucune anormalité particulière. On conclue donc à un taux de désir extrêmement faible qui, s’il ne perturbe pas plus que cela le patient, n’a rien d’inquiétant. Pourtant, ils/elles aiment autant les garçons que les filles (certains se définissent comme des « asexuels-bisexuels »), sont attirés sans vraiment l’être par les deux sexes. Alors, étrange tout cela ? Qu’en penser ? Qu’est-ce qui les différencie des « sexuels » ? Et, pour autant, les asexuels ne tombent-ils jamais amoureux ?
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