’art de la réplique, avoir de la répartie et en user



Une arme puissante, un outil de pouvoir, répondre du tac au tac est un art que beaucoup aimeraient maîtriser. Terminé les situations difficiles, les silences embarrassants, les adeptes du ping-pong verbal ont toujours le mot qu’il faut, la réplique qui tue. Malheureusement nous ne sommes pas tous capables de ces exploits. La plupart du temps on se retrouve dans les baskets mal ajustées d’une Bridget Jones, à mettre les pieds dans le plat et à penser « j’aurais dû dire ça ! ».

Les premiers à utiliser cette arme redoutable ne sont autres que nos chers hommes politiques, rappelez-vous en 1988 lors du face-à-face Chirac-Mitterrand : J.C « nous sommes deux candidats à égalité dans ce débat, vous n’êtes pas aujourd’hui le président et moi, votre Premier ministre ». La réplique de François Mitterrand ne c’est pas faite attendre « Certainement, monsieur le Premier ministre ». Déstabiliser son interlocuteur afin de prendre le dessus de la discussion, voilà la première utilité de la répartie. Mais comment y arriver ? Comment dépasser le trac ? Comment se transformer en un de ses aficionados des joutes verbales ?

Les clés de la réussite

Oui il a un doctorat en sociologie et alors, cela ne veut pas dire qu’il est forcément plus doué que vous ! A partir du moment où vous sentez un soupçon de doute en vous, tout est fichu, la répartie, ce sera pour une prochaine fois. User de cet art nécessite une bonne dose d’égo, vous êtes brillante, vous êtes jolie, vous savez ce que vous voulez, voilà les pensées positives qui mènent à la maîtrise de la réplique assassine. Mais l’étape la plus importante reste la gestion du trac. Si vous avez besoin d’une bonne réplique c’est qu’à un moment quelqu’un vous a frappé au cœur avec une phrase ironique, insultante voire même injurieuse. Alors que votre esprit bouillonne de réponses acérées, votre bouche reste muette. Le rouge aux joues, votre cerveau est tout simplement en arrêt, le trac vous a paralysé.

Dîtes-vous bien une chose, si une phrase a autant d’impact sur vous c’est qu’elle touche à quelque chose de refoulé, à quelque chose que vous ne voulez plus entendre. Vous devez dépasser ce stade de victime pour devenir agresseur. Vous devez oublier tout ce que vos parents vous ont appris. Vous savez les « sois polie avec le Monsieur, reste à ta place, on ne parle jamais aux gens de cette façon »etc... Papa et maman ont raison, sauf lorsque le Monsieur en question est un goujat qui ne mérite que d’être remis à sa place. Vous devez donc vous libérer de vos inhibitions et laisser aller cette pulsion agressive que votre cerveau essaye de libérer.

Quand dois-je en user ?

L’art de la répartie doit s’utiliser avec parcimonie. Malheureusement, dans notre société actuelle la bonne réplique a été vulgarisée au rang d’une banale vanne. Ainsi, elle est devenue l’outil favori des animateurs et journalistes de télé à la mode tel Laurent Ruquier ou Thierry Ardisson. Enchaînant sarcasmes sur sarcasmes, ils apprennent à leurs téléspectateurs la technique de la baffe verbale, le jeu de la langue bien pendue. Mais en ce qui nous concerne (simples mortelles), nous devons faire preuve de prudence. Enchaîner vannes sur vannes pourrait vite nous faire passer pour un Chandler féminin en mal de reconnaissance et d’estime de soi. Le lieu idéal pour tenter les répliques assassines : en boîte. Rien de mieux qu’un « gros lourd » pour tester notre répartie. Avec eux on peut y aller, faut dire qu’il le mérite ! Autre endroit incontournable pour en user, le boulot. Pas n’importe lequel, mais celui où il y a un contact avec des personnes, qui soyons sincères, sont de vrais « connards ». Je pense aux contrôleurs SNCF qui se coltinent tous les jours des « ah vous ne faites pas grève aujourd’hui » ou « vous en avez pas ras le bol d’emmerder ceux qui bossent ». Ou encore nos chères hôtesses de caisse qui doivent supporter la drague de gros lourds ou les personnes qui veulent de la rapidité, plus de rapidité, encore de la rapidité, AAAAAAHHHHH !

Alors n’oubliez pas, une bonne répartie se travaille pas la maîtrise de son stress, se libérer de son inhibition, trouver son style et enfin un adversaire qui en vaut la peine.

Petit exemple : Une femme dans la chambre des Lords agresse Churchill, « si j’étais mariée avec vous, je verserais du poison dans votre verre ! ». A Churchill de répondre, « madame si j’étais mariée avec vous, je le boirais ».

Par Belinda Kheddouche

Mars 2008




 répartie  répondre  confiance  estime  parler  vanner

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7 commentaires

betty : faut que je m'essaye moi je suis trop naze

sydo : trop bien ce papier

sydo : trop bien ce papier

Ju : carrément je suiss daccord avec sydo super chouette ce papier. Malheureusement je ne suis pas aussi douée pour la répartie que Churchill, je suis plus du genre bridht jones SNIF !!!!!

sophie : cela dépend, j'ai en général pas mal de répartie, mais rarement au bon moment lool

Matthias : Excellente la réponse de Churchill. Néanmoins, je pense que cet art de la vanne est le résultat d'expérience, de pratique, et surtout de patience. Pas à la portée de tout le monde hélas.

maîtresse 's' répartie ! lol : mon copain me dit que j ai même trop de répartie ! ça fuse à tout va ! il sait que si il tente un "combat lingual" il va pas s en sortir ! LOL .... la répartie s apprend, s apprivoise, se manie de mieux en mieux avec les années.... ça en devient un jeu ! mais tjs dans le respect de l autre.... pas de vanne bête et méchante... du pipi-caca de débutant.... de vrai petit "clash" savamment orchestré....



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