La St Valentin est-elle la fête des amoureux ? Cette question n’est pas rhétorique et n’appelle pas un « oui » unanime. Dans l’imaginaire collectif, pourtant, le 14 février est bel et bien le jour des amoureux. A en croire les publicités inondant rues, métros, radios et télés à la veille de cette fête, la St Valentin semble néanmoins ne célébrer qu’un seul amour, l’hétérosexuel.
Etant donné l’impact qu’elle a sur les populations, la pub pourrait se faire le messager des minorités et profiter de la St Valentin pour diffuser une image universelle du couple. Certes, les publicistes ne font ni dans le social ni dans l’humain, mais l’avalanche médiatique pro-hétéro renvoie directement au statut des homos en France.
Le langage publicitaire cible essentiellement, et ce de façon quasi constante, les consommateurs hétérosexuels. Hormis les campagnes de prévention contre le SIDA, la représentation des couples homosexuels dans les affiches et spots publicitaires est nulle. L’homosexualité apparaît dans les publicités uniquement dans une dimension pathologique.
On peut bien sûr s’attacher à la valeur traditionnelle de cette fête, qui englobe l’amour et le mariage, et en exclure d’emblée les couples qui ne sont pas voués à une union reconnue officiellement. Dans ce cas, il serait donc logique que les couples vivant en union libre ne soient pas non plus concernés par la St Valentin. Force est de constater qu’il y a bien deux poids, deux mesures. Alors que l’on accepte volontiers qu’il n’y ait plus de modèles définis de la notion de couple, la St Valentin reste une période où la négation de l’amour homosexuel est plus que jamais visible. En deçà de ce constat, c’est la notion même d’amour qui est définie : si l’on tente de décrypter le message des publicités en tous genres, l’amour est l’union d’un homme et d’une femme. Les médias laissent l’amère impression que l’amour homosexuel n’existe pas aux yeux de 90% de la population.
Voici le témoignage de Vanessa, 26 ans, en couple depuis 2 ans :
Nul ne peut nier le fait que la publicité, dans son désir de toucher le plus grand nombre, oublie volontairement la population homosexuelle, et l’on est en droit de s’interroger sur le rôle que certains publicistes jouent dans la discrimination des minorités. Les personnes concernées sont en droit d’interpréter cette absence de représentation comme une négation délibérée de leur identité.
A méditer :
Une légende raconte que Valentin était le prénom d’un prêtre romain sacrifié le 14 février 269 pour avoir accepté de sacrer des unions à une époque où les mariages étaient interdits.
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(15 NOVEMBRE AU 31 DÉCEMBRE 2008)